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Conférences de Solange Anastasia Chopplet
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Conférences de Solange Anastasia Chopplet
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13 septembre 2021

NATURE HUMAINE

DANS QUELLE MESURE PEUT-ON PARLER DE NATURE HUMAINE?

 

Notons qu’au sens étymologique du terme nature vient du latin nascor et signifie « naître, pousser, croître » et ajoute Aristote, grâce à sa seule puissance interne. A contrario ce qui est fabriqué (du latin facere : faire et faber : ouvrier) est le produit d’une activité humaine et doit donc son « existence » à une intervention hétéronome.  A priori donc les deux termes sont antithétiques.

On entend souvent dire pour expliquer un comportement que c’est dans la nature de l’homme, ainsi serait-on agressif, inquiet, tyrannique… par nature. Il y aurait une nature masculine ou féminine et c’est du reste ce que l’on espéra découvrir chez les enfants sauvages  au XIXème siècle. Ils devaient révéler ce qu’est l’homme indépendamment de tout contact avec ses congénères.

La question telle qu’elle est formulée ne remet du reste pas en question le fait qu’il y ait une nature humaine, mais la possibilité de pouvoir en parler, laquelle comporterait des limites.

On notera le caractère  indéterminé du verbe parler. Qu’entend-on par là : conceptualiser? Définir? Elaborer un vocabulaire ad hoc? Ainsi ne serait-il pas simple de penser la nature humaine, mais pour quelles raisons? Serait-elle énigmatique, ou bien trop proche de chacun, ou bien les réponses seraient-elles contestables?

 Si l’on en croit les études faites sur Victor de L’Aveyron et Caspar Hauser, l’homme n’aurait pas de nature, mais une histoire et ce serait sa culture qui le construirait et caractériserait. Merleau Ponty conteste du reste l’idée d’une nature humaine a priori puisqu’il soutient qu’en l’homme tout est fabriqué et naturel sans qu’on puisse distinguer ce qui relève de la nature et de la culture.

 Pourtant on ne confond pas l’homme avec les autres espèces du genre animal et des données biologiques et physiologiques constituent des invariants universels  nécessaires à sa caractérisation telle que: sa morphologie assortie à la bipédie ; l’usage du langage ; la capacité de faire des outils avec des outils ; Rousseau y ajoutait la perfectibilité ; la complexité de son cerveau  lui octroyant la faculte de symboliser et la liste n'est pas close.

 Mais force est de constater que nous avons 99 % de gènes communs avec le chimpanzé ; que certains animaux sont bipèdes ; que tous ont des moyens de communication dont certains nous restent inconnus ; que beaucoup utilisent des outils et des techniques ne serait-ce que corporels. Comparaison qui a pour conséquence de gommer des différences que l'on croyait irréductibles.

 Cependant l’animal n’améliore pas ses outils, ni ne les transmet ou réutilise ce qui pourrait faire penser qu’il anticipe peu ou pas et n’a donc pas  la même conscience du temps ; par ailleurs ses actions sont des réactions au milieu et à la situation alors que l’homme se souvient et anticipe à long terme ; l’animal est en grande partie déterminé par sa « nature » qui le rend rapidement adapté, alors que l’homme doit connaître un long apprentissage ; tandis que l’homme est doué de conscience réfléchie, ce qui le rend capable d’évaluer ses actes en vertu de critères moraux, l’animal en semble dépourvu et du reste l’homme se bat pour ces valeurs alors que l’animal ne le fait que pour satisfaire ses besoins vitaux ; en outre l‘homme effectue des choix, c’est pourquoi ses modes de vie, ses organisations sociales évoluent dans le temps et l’espace ; ajoutons que l’homme a la faculté de symboliser, c’est-à-dire de représenter des objets absents à l’aide de signes qui les actualisent, c’est ce qui rend du reste possible le langage, l’art, les rituels qui sont autant de façons de représenter la réalité, de l’interpréter et de l’humaniser.

On pourrait en déduire que l’homme  se caractérise pas par son aspiration à la transcendance comme en témoigne l’existence des religions et le culte des morts.

 Cependant il est notable que ces capacités pour naturelles qu’elles soient, ne s’actualisent que s’il y a simulation. Ainsi l’enfant ne marchera et ne parlera que si on  l’y encourage ;  la forme même de son visage évoluera  sous l'influence du milieu tandis qu’un bébé tortue ira de lui-même à la mer et ne connaîtra nulle éducation.

 

ANASTASIA CHOPPLET

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